Vous êtes iciAperçu des recherches sur la pornographie

Aperçu des recherches sur la pornographie


Voici un aperçu des recherches sur la pornographie publiées par différentes revues scientifiques(1).

  • Une étude réalisée par un des chercheurs les plus réputés dans ce domaine, le professeur Neil M. Malamuth, de l’Université de Californie à Los Angeles, intitulée « La prédiction des agressions sexuelles : le rôle de la pornographie dans le contexte des risques généraux et des risques spécifiques » et publiée en 2007, conclut qu’ « une forte consommation de pornographie augmente de façon significative la prédiction d’une agression sexuelle »(2).
  • Une méta-analyse (3), portant sur 46 études relatives aux effets de la pornographie, montre que l’exposition à du matériel pornographique augmente le risque de commettre des délits sexuels, d’accepter le mythe du viol et d’avoir des difficultés relationnelles. Cette étude concernant 12 323 personnes a confirmé le lien existant entre le risque accru de conséquences tragiques et l’exposition à la pornographie (4). Elle est présentée plus loin en détail.
  • Une autre méta-analyse antérieure, intitulée « Une méta-analyse résume les effets de la pornographie », s’est penchée sur 30 études différentes pour un total de 2.040 participants : elle a conclu que l’exposition à la pornographie augmente les comportements agressifs. Tout en reconnaissant que d’autres facteurs doivent aussi être pris en compte (comme le contenu de la pornographie), les chercheurs ont déclaré qu’il y a un lien entre l’exposition à la pornographie et les comportements agressifs subséquents (5).
  • Le rapport entre la consommation fréquente de pornographie et les comportements sexuellement agressifs est spécialement élevé pour ceux qui ont déjà le plus haut indice de « prédisposition » à l’agression sexuelle. Autrement dit, dans la population ayant un haut risque de commettre des agressions sexuelles, ceux qui consomment fréquemment de la pornographie ont un risque de passer aux actes quatre fois plus élevé que ceux qui n’en consomment pas fréquemment(6).
  • En se basant à la fois sur des recherches expérimentales et sur des entrevues personnelles avec des femmes, le Dr Diana Russell, sociologue, affirme que la pornographie est l’un des facteurs qui peuvent : 1 – prédisposer certains hommes à désirer commettre un viol ou à intensifier un désir déjà existant ; 2 – diminuer chez certains hommes leur inhibition interne les empêchant de réaliser leur désir de commettre un viol ; 3 – diminuer chez certains hommes leur inhibition sociale les empêchant de réaliser leur désir de commettre un viol; et 4 – diminuer chez certaines victimes potentielles leur capacité à éviter ou à résister à une tentative de viol (7).
  • Robert Jensen, sur la base d’interrogations faites à des délinquants sexuels et d’entrevues avec des consommateurs habituels de pornographie, conclut que celle-ci peut : 1 – être un facteur important dans la formation d’une mentalité considérant normal l’abus sexuel masculin; 2 – être utilisée pour initier les victimes et briser leur résistance face à une activité sexuelle forcée; 3 – contribuer, pour ceux qui la consomment, à rendre plus difficile la séparation entre la réalité et les fantasmes; et 4 – fournir un manuel d’entraînement pour les délinquants sexuels (8).
  • Une enquête auprès de femmes ayant quitté un partenaire masculin qui abusait d’elle a comptabilisé que : 75% d’entre elles étaient forcées à voir de la pornographie et à reproduire les scènes ; 31% s’étaient vu solliciter de poser pour des prises d’images pornographiques et 81% avaient été violées. Cette étude a trouvé une forte association entre l’utilisation par les hommes de la pornographie violente et les abus physiques contre les femmes (9).
  • Notes:
1. Voir « Research on Pornography », Jill Lipski, coordinatrice de différents programmes éducatifs de l’Université du Minnesota aux États-Unis, au sein du « The Aurora Center for Advocacy and Education ».
2. Vanessa Vega et Neil M. Malamuth, “Predicting Sexual Aggression : The Role of Pornography in the Context of General and Specific Risk Factors”, Aggressive Behavior, Volume 33 (2007) : pp. 104–117.
3. Une méta-analyse est une démarche statistique combinant les résultats d’une série d’études indépendantes sur un problème donné. La méta-analyse permet d’analyser plus précisément des données par l’augmentation du nombre de cas étudiés et de tirer une conclusion globale. Cette démarche est largement utilisée en médecine pour l’interprétation globale d’études cliniques parfois contradictoires. Elle permet aussi de détecter les biais de méthode des études analysées (source : wikipédia).
4. Elizabeth Oddone-Paolucci, Mark Genuis and Claudio Violato, in « The Changing Family and Child Development », (Aldershot : Ashgate, 2000).
5. M. Allen, D. D’Alessio, and K. Brezgel, « A Meta-Analysis Summarizing the Effects of Pornography II » Human Communication Research, Vol. 22, n° 2 (décembre 1995), pp. 258-283.
6. Neil Malamuth, T. Addison, and J. Koss, « Pornography and Sexual Aggression : Are there Reliable Effects and Can We Understand Them ? » Annual Review of Sex Research, Vol. 11 (2000), pp. 26-94.
7. D. E. H. Russell, « Dangerous relationships : Pornography, misogyny, and rape », Thousand Oaks, CA : Sage, 1998, p. 121.
8. Gail Dines and Robert Jensen, « Pornography and Media : Toward a more critical analysis » in Sexualities : Identity, behavior, and society, ed. M. S. Kimmel and R. F. Plante, New York : Oxford University Press, 2004.
9. E. Carmer, L. McFarlane, B. Parker, K. Soeken, C. Silva, and S. Reel. « Violent pornography and the abuse of women : Theory to practice » Violence and Victims, Volume 13, Number 4, 1998 : pp. 319-332.

Source : Benoît Bemelmans, Violence et pornographie : les ravages

Étiquettes