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6 académies américaines de médecine dénoncent la violence a la télé


Nous, soussignés, représentons la communauté responsable de la santé publique. Comme dans toute communauté, il existe une diversité de points de vue, mais dans bien des sujets il y a aussi un consensus. Bien qu’une large variété de points de vue sur l’importance et l’impact de la violence dans les médias de divertissements sur les enfants puisse exister en dehors de la communauté qui a en charge la santé publique, en son sein, il existe un fort consensus sur les nombreux effets sur la santé des enfants, sur leur bien-être et leur développement.

Télévision, films, musique et jeux interactifs sont de puissants instruments d’apprentissage et des médias hautement influents. L’enfant américain moyen passe un long temps – 28 heures par semaine – à regarder la télévision, et au moins une heure par jour à jouer à des jeux vidéos ou à surfer sur Internet. Plusieurs autres heures chaque semaine sont passées à regarder des films et des vidéos et à écouter de la musique. Ces médias peuvent, et sont souvent utilisés pour instruire, encourager et même orienter. Mais quand ces médias de divertissement exposent la violence comme dans une vitrine, et particulièrement dans un contexte qui la rend plus glamour ou qui la banalise, les leçons apprises peuvent être destructives.

Dans l’industrie du divertissement, on trouve certaines personnes qui affirment que : 1- la programmation violente ne fait pas de mal parce qu’aucune étude n’existe qui prouve un lien entre la violence dans les médias de divertissement et le comportement agressif des enfants, et 2- les enfants savent que la télévision, les films, les jeux vidéos sont de simples inventions fantaisistes. Malheureusement, ces personnes ont tort sur les deux points.

À cette date, bien plus de 1 000 études – incluant des rapports du ministre de la Santé, de l’Institut national de santé mentale, et nombres d’études conduites par des figures de relief au sein de nos organismes médicaux et de santé publique – nos propres membres – indiquent de façon écrasante un lien causal entre la violence dans les médias et le comportement agressif de certains enfants. La conclusion de la communauté chargée de la santé publique, basée sur plus de 30 ans de recherche, est que regarder de la violence dans les médias de divertissement peut entraîner une augmentation de l’agressivité dans l’état d’esprit, les valeurs et les comportements, particulièrement chez les enfants.

Ces effets sont mesurables et durables. Plus encore, regarder de façon prolongée de la violence dans les médias peut amener à une désensibilisation émotionnelle vis-à-vis de la violence dans la vie réelle.

Les effets sur les enfants de la violence dans les médias de divertissement sont complexes et variables. Certains enfants peuvent être affectés plus que d’autres. Mais alors que la durée, l’intensité et l’étendue de l’impact peuvent varier, il existe plusieurs effets négatifs mesurables de l’exposition des enfants à la violence des médias. Ces effets prennent plusieurs formes.

Les enfants qui voient beaucoup de violence sont plus susceptibles de considérer la violence comme un moyen efficace de résoudre les conflits.

Les enfants exposés à la violence sont plus susceptibles de croire que les actes de violence sont un comportement acceptable.

Voir de la violence peut entraîner une désensibilisation émotionnelle envers la violence dans la vie réelle. Cela peut diminuer chez une personne la probabilité de venir au secours d’une victime de la violence.

La violence de divertissement alimente l’idée que le monde est un endroit violent et menaçant. Voir de la violence augmente la peur de devenir une victime de la violence, avec comme résultante l’augmentation des comportements de méfiance envers les autres.

Voir de la violence peut entraîner à la violence dans la vie réelle. Les enfants exposés à des programmes violents à un jeune âge ont une tendance plus importante à adopter plus tard dans leur vie des comportements violents et agressifs, par rapport aux enfants qui sont moins exposés.

Bien que moins de recherches aient été réalisées sur l’impact chez les jeunes de la violence dans les jeux interactifs, les études préliminaires indiquent que les effets négatifs pourraient être encore plus sévères que ceux induits par la télévision, les films ou la musique. Plus d’études sont nécessaires dans ce domaine et nous demandons avec insistance que des ressources soient allouées à ce champ d’investigation.

En aucune façon nous ne prétendons affirmer que la violence dans les médias de divertissement serait le seul ou même nécessairement le facteur le plus important de l’agressivité des jeunes, des comportements anti-sociaux et de la violence. L’effondrement de la famille, l’influence des autres, la disponibilité des armes, et nombres d’autres facteurs peuvent tous contribuer à ces problèmes. Nous ne prétendons pas non plus réclamer des restrictions à la créativité. L’objet de ce document est descriptif et non pas prescriptif : nous voulons présenter au grand jour les effets pathologiques de la violence de divertissement. Mais nous espérons qu’en exprimant et en publiant le consensus de la communauté chargée de la santé publique, nous pourrons attirer plus l’attention du public et des parents sur les méfaits de la violence dans les médias de divertissement et encourager un dialogue plus honnête sur ce qui peut être fait pour améliorer la santé et le bien-être des enfants d’Amérique.

Juillet 2000

Signé par les présidents ou directeurs de :

– L’Académie américaine de Pédiatrie

– L’Académie américaine de Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent

– L’Association américaine de Psychologie

– L’Association médicale américaine

– L’Académie américaine des Médecins de famille

– L’Association américaine de Psychiatrie

Source : Benoît Bemelmans, Violence et pornographie : les ravages

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